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Le monastère de Cimiez : Symbolisme et Tradition


Article en consultation Libre !

Le Monastère de Cimiez

Symbolisme et Tradition

de Bernard Chauvière, avec une préface de Roland Marghieri Conservateur honoraire du Monastère et du Musée franciscain.

« En rencontrant le monothéisme, entre sagesse, intelligence et ésotérisme, la philosophie hermétique a prit la forme que nous lui connaissons encore aujourd’hui. Or, l’initiation, l’expérimentation, l’accomplissement durement atteint du travail hermétique, avaient besoin de signes et d’un vocabulaire sensible et concordant. Le mythe païen et la symbolique biblique allaient lui fournir un riche répertoire de représentations plastiques et littéraires dont elle tirerait ses propres thèmes. C’est cette conjugaison qu’on peut reconnaître dans l’exceptionnelle décoration murale du monastère franciscain de Cimiez. Son style s’apparente à ce baroque de la fin du 17e siècle qui dérivait de la Contreréforme. De larges volutes forment le fond décoratif où les fi gures apparaissent tantôt savantes, tantôt populaires ou naïves. En certains points, ce sont des signes sous-jacents que l’alchimiste peut percevoir dans les évocations des dogmes chrétiens, en particulier sur deux voûtes, l’une consacrée à la Vierge Marie de l’Apocalypse, l’autre au Christ de l’Incarnation et de la Passion.

Ailleurs, le grand OEuvre alchimique développe ses séquences de façon autonome. De ce double aspect, il convient d’éviter toute assimilation hâtive et gratuite, toute confusion malheureuse et de le replacer dans l’histoire de l’Alchimie elle-même du 17e siècle finissant.

L’exposé que fait Bernard Chauvière dans la présente publication, de la densité d’un sujet qui lui est devenu familier, sera apprécié pour son effort de clarté comme pour l’ensemble complet des fresques qu’il présente et la fi délité de leur reproduction. »

La tendance historique à la personnification qui avait fait du dieu Thot, le fondateur légendaire égyptien de l’Alchimie, accordait aussi des révérences au dieu latin Vulcain, sourcilleux maître de forge et au dieu grec Hermès, transmetteur remuant des volontés de l’Olympe et qui donnera son nom à la « science hermétique ». Feu et savoir devaient être en effet les pouvoirs qui permettraient de manière particulière la transformation d’un élément en lui-même purifié ou l’obtention d’une entité nouvelle, elle-même issue d’une purification. L’homme, se rendant possesseur de cette faculté, pourrait alors mettre celle-ci au service d’un désir de connaissance, d’illumination, d’élévation mystique jusqu’à par extraordinaire, la découverte de la formule d’immortalité, notion que les Églises se devaient de tenir à distance. Ce que nous savons aujourd’hui des bouleversements telluriques du passé, nous montrant les transformations opérées naturellement par les réchauffements climatiques, les infiltrations, les sédimentations, les solidifications, les variations végétales, les adaptations animales… invitait intuitivement l’homme à susciter des rencontres de matières qui lui feraient comprendre les phénomènes réputés obscurs que la vie présentait jusque dans les domaines spirituels. C’était aussi la tentation d’accélérer ces processus et ainsi de se rendre maître du destin présent et futur de l’humanité. Par bonheur, les vrais officiants de ce « nouvel ordre des choses » comprirent qu’un tel orgueil, de même que la recherche d’un éventuelprofit matériel par de telles pratiques, les conduiraient à la ruine autant morale qu’intellectuelle. Les expérimentateurs, souvent issus des milieux religieux, virent bien la juste place qu’ils devaient accorder à la poursuite de leurs expériences par rapport à leur foi ou leur croyance. Ainsi l’Alchimie tendra-t-elle à se rapprocher de la mystique chrétienne par la saine soumission à sa dogmatique, en considérant la transformation de la matière à laquelle ils aspirent, comme le miroir d’une purification de l’âme humaine, sans rejeter toutefois les obtentions à caractère thérapeutique et bientôt chimique qui en seraient le corollaire.

Un dragon ailé, faisant face au soleil, ou à la lune, cherche à atteindre le luminaire de son haleine putride.

Pour les libraires, nouvelle adresse : Post-Scriptum Sc, 4 place de la mairie - 38490 Granieu

Bon de commande à télécharger ici (avec in interview de Bernard Chauvière)

PDF - 891 ko

Editions Arrakis, collection "Les enfants de Latone", nombreuses illustrations en couleur, 112 pages, diffusion Post-Scriptum SC - ISBN : 978-2-35946-000-1 Prix public : 23,50 €



Posté le 19 mai 2009