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Tenzin Gyatso

Article en consultation Libre !

Selon le mot fameux de Staline (Combien de divisions ?) le XIV Dalaï Lama n’en compte aucune mais il est classé parmi les 100 personnalités les plus influentes au Monde : un homme presque seul façe au milliard de chinois !... Tenzin Gyatso, le 14e dalaï-lama est le leader politique du gouvernement tibétain en exil, et le haut chef spirituel du bouddhisme tibétain. Actuellement en exil du Tibet, Tenzin Gyatso est un moine bouddhiste issu de la tradition Guélougpa (aussi appelé "bonnets jaunes" et "vertueux"). Depuis 1959, il vit dans le nord de l’Inde à Dharamsala (Mac Leod Ganj). Fréquemment invité par des centres bouddhistes ou des personnalités, il effectue de nombreux voyages à travers le monde pour demander un renforcement de l’autonomie tibétaine, pour enseigner le bouddisme tibétain, et pour diffuser un message de paix et de non-violence. À ce titre il a reçu le prix Nobel de la paix en 1989. Il est néanmoins paradoxal de voir que c’est précisément en France, pays laïque, "droits de l’hommiste", qu’un représentant d’une théocratie d’origine féodale archaïque, soit à ce point adulé, notamment par les représentants de la gauche française si prompte à descendre dans la rue pour manifester dès que l’Etat se porte au secours de la religion : voir l’article de Patrick Hutin sur ce sujet. La France est l’un des sanctuaires du Bouddhisme dans le monde et sans doute la seule réponse efficicace à l’intégrisme - ou le fanatisme islamique présent également en grand nombre sur son territoire. Devant l’impuissance des églises chrétiennes, le Bouddhisme devrait jouer un rôle de médiation non négligeable dans les années à venir et indiquer le chemin d’une reconquête du sacré dans une société qui a montré les impasses - ou les limites - de la laïcité "à la française"

Sa Sainteté le Dalaï Lama, dont le nom provient d’un titre mongol qui signifie "Océan de Sagesse", est considéré par les bouddhistes tibétains comme une manifestation d’Avalokiteshvara, le Bouddha de la compassion, protecteur et patron du Tibet.

Le XIV ème Dalaï Lama, Tenzin Gyatso, est né le 6 juillet 1935, dans le village tibétain de Takster, dans une famille de paysans. Deux ans plus tard, Lhamo Dhondroup ainsi appelé par ses parents, fut reconnu comme la quatorzième manifestation du Dalaï Lama, et conduit à Lhassa.

Le 22 février 1940, à l’âge de quatre ans et demi, Le Dalaï Lama fut solennellement intronisé, et reçu le nom de Tenzin Gyatso. Son éducation en tant que Dalaï Lama débuta alors qu’il avait six ans. Sous la direction des meilleurs enseignants du Tibet, il reçut une éducation monastique et une formation très poussée dans la philosophie et la méditation bouddhiste, culminant avec le titre de Géshé Lharampa, la plus haut degré dans la tradition tibétaine.

Sa Sainteté le XIVème Dalaï Lama

En 1950, dans un contexte de plus en plus tendu avec la Chine communiste, alors qu’il n’avait que quinze ans, il fut intronisé comme chef spirituel et temporel du Tibet, et dut assumer l’entière direction politique de son pays. Un an plus tard, les troupes chinoises envahissaient le pays. En 1954, il se rendit à Pékin pour tenter de négocier un accord de paix avec Mao Tsé Toung et d’autres dirigeants chinois, parmi lesquels Chou en Laï et Deng Xiaoping. En 1956, à l’occasion du Bouddha Jayanti, la célébration du 2500 ème anniversaire du parinirvana du Bouddha, il fit un voyage en Inde. Nombre de ses conseillers lui recommandèrent de ne pas rentrer au Tibet et de demeurer en Inde. Mais le Dalaï Lama décida de retourner à Lhassa afin de continuer ses efforts en faveur d’une coexistence pacifique avec les troupes d’occupation chinoises.

Les atrocités perpétrées par les chinois dans l’Est du Tibet réduisirent à néant tous ses efforts pour une résolution pacifique du conflit entre le la Chine et le Tibet. Les forces d’occupation réprimèrent dans le sang l’insurrection populaire des tibétains le 10 mars 1959. Dès 1960, environ 90 000 tibétains avaient déjà péri dans cette ultime révolte. Depuis ces événements, les tibétains commémorent chaque année les victimes du 10 mars.

La fuite du Tibet

Face à cette situation, le Dalai Lama fut contraint de fuir de l’autre côté de l’Himalaya, suivi par environ cent mille tibétains. En 1960, il établit a Dharamsala, en Inde, son gouvernement en exil. Depuis, il continue à œuvrer sans relâche et par tous les moyens à d’améliorer la condition de son peuple resté au Tibet.

Au cours des premières années de son exil, il fit appel à l’Organisation des Nations Unies pour une solution à la question tibétaine. L’ONU adopta des résolutions, en 1959, 1961 et 1965, dans lesquelles la Chine était sommée de respecter les droits de l’homme au Tibet, ainsi que le droit à l’autodétermination.

Au plan des affaires politiques intérieures, le Dalaï Lama et le gouvernement en exil se sont engagés dans la protection du peuple tibétain et de sa culture. Ils s’occupent des réfugiés, soutiennent le développement économique, et un système scolaire et universitaire a été mis en place. Plus de deux cents monastères on pu être rétablis en exil. En 1963, le Dalaï Lama a préparé un projet de constitution, et depuis cette époque, il s’est montré un fervent promoteur de la démocratisation de la société tibétaine.

Le drapeau tibétain

En plus de ses efforts au nom des tibétains en exil, il continue inlassablement de rechercher une solution non violente à la question tibétaine. En 1987, le Dalaï Lama dévoila un plan de paix en cinq points, visant à clarifier le futur statut du Tibet, et, en juin de l’année suivante, développa plus avant ce plan à Strasbourg. Avec cette initiative, il en appelle à une réelle autonomie pour le Tibet à l’intérieur de la République Populaire de Chine. De plus, il demande à ce que le Tibet soit déclarée zone de paix, que s’arrête la politique de transfert massif de population chinoise au Tibet, qu’y soient restaurés les droits de l’homme, et que soit interdit le déversement de déchets nucléaires. Le plan appelle également à de véritables négociations sur l’avenir du pays.

La remise du Prix Nobel de la Paix

En 1989, le dirigeant tibétain reçut le Prix Nobel de la Paix pour sa recherche d’un règlement pacifique de la question tibétaine. La déclaration du Comité Nobel est ainsi rédigée : "Le Dalaï Lama a développé sa philosophie de la paix sur la base d’une grande estime envers tous les êtres vivants, et de l’idée d’une responsabilité universelle qui embrasse autant l’humanité que la nature."

En juillet 2001, Sa Sainteté le Dalaï Lama, a fait en sorte que ses propres pouvoirs soient réduits, et, à son initiative, les tibétains ont élu leur premier Premier Ministre en la personne du Professeur Samdhong Rinpotché.

A l’occasion de ses voyages, le Dalaï Lama est reçu par de nombreux chefs d’état et de gouvernement. Des personnalités de premier plan dans les domaines politiques, religieux, scientifiques et économiques cherchent à le rencontrer. Régulièrement, il est invité dans de nombreux pays pour parler de ses idées sur la coexistence harmonieuse et un monde de paix, dans le cadre de conférences publiques qui rassemblent des milliers de personnes.

Propos tenus à l’occasion de sa visite au Sénat en France :

Le Dalaï-Lama a espéré que le gouvernement chinois, se rendant compte que la situation réelle du Tibet n’est pas celle qu’il prétendait, adopterait désormais une position plus réaliste et plus constructive. Dans cette hypothèse, il a estimé que sa propre approche pragmatique de la « voie médiane » serait tout à fait adaptée.

Le Dalaï-Lama, après avoir rappelé que nombre de ceux qui soutiennent la cause tibétaine et des jeune Tibétains eux-mêmes sont devenus critiques de son approche de la « voie médiane » parce qu’elle n’a pas encore donné de résultats, a annoncé que le Parlement tibétain en exil se réunira à Dharamsala au mois de septembre pour discuter de la politique à suivre.

Le Dalaï-Lama a précisé que les députés tibétains allaient actualiser et détailler le plan de paix en cinq points qu’il avait personnellement présenté en 1988 devant le Parlement européen à Strasbourg. Il a considéré que l’histoire donnait une base solide à un statut d’autonomie pour le Tibet, la Chine ayant toujours considéré le Grand Tibet comme une entité spéciale, différente de toute autre province chinoise.

Le Dalaï-Lama a souligné que, contrairement au point de vue des autorités chinoises, la question tibétaine ne se réduit pas à son propre statut personnel, mais concerne le sort des six millions de Tibétains qui vivent en Chine et y sont opprimés. Il s’est inquiété du ressentiment accumulé par les Tibétains depuis trois générations à partir de l’invasion chinoise de 1950 qui, si aucune solution n’est apportée, se transmettra encore aux générations futures.

Le Dalaï-Lama a affirmé que le Tibet est une nation ancienne, dotée d’un riche héritage culturel, qui semble avoir reçu une condamnation à mort. Il a rappelé qu’il tendait constamment une main amicale au peuple chinois mais que, personne ne la saisissant pour l’instant, il était bien obligé de tendre l’autre main à ceux qui soutiennent les Tibétains dans leur combat pour la justice.

Le Dalaï-Lama a considéré que, les pressions économiques étant irréalistes, une forme de pression politique était nécessaire sur le gouvernement chinois pour l’amener à faire enfin preuve de bon sens. Il s’est félicité du fort soutien apporté au Tibet par plusieurs pays européens, parmi lesquels la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et la République tchèque, ainsi que par l’Union européenne toute entière, par l’intermédiaire du Parlement européen. Il a estimé que, la tendance d’un régime totalitaire comme celui de la Chine étant toujours d’abuser, la communauté internationale n’avait aucune raison d’accepter de se laisser brimer par le régime communiste chinois.

Le Dalaï-Lama a regretté que l’accession de la Chine à un statut de superpuissance, par ailleurs méritée, se fasse sur la base d’une force militaire, pour qui le pouvoir est conçu comme s’obtenant d’abord par les armes. Il a estimé que cette situation n’était pas optimale pour le monde, et surtout pour les voisins immédiats de la Chine que sont l’Inde, le Japon et la Russie. Il a considéré qu’il était de la responsabilité de la communauté internationale d’amener la Chine à embrasser les idéaux de la démocratie, ce qui ne pouvait se faire que par étapes.

Des livres pour aller plus loin :

- Bouddha de Françoise Wang-Toutain
- Le Dalaï-Lama de Françoise Wang-Toutain
- Le Bouddhisme en France (Jean-Pierre Schnetzler)
- Le chemin du milieu
- Le message du futur Bouddha de François Chenique
- De la Mort à la Vie (Jean-Pierre Schnetzler)
- La médecine tibétaine bouddhique



Posté le 17 août 2008