Accueil

   Agenda Actualités

   Agenda A paraitre

   Echos de la Presse Echos de la Presse

   Interviews Interviews

   Les Editeurs Les Editeurs

   Agenda Nos archives

   Nos Dossiers Nos dossiers

   Médiathèque Médiathèque

   Photothèque Photothèque

   Portraits d'Auteurs Portraits d'Auteurs

   Publications Publications

   Sites Syndiqués Sites Syndiqués

Passeport pour le fantastique

Article en consultation Libre !

Dans la lignée de Jorge Luis Borges ...

Fils d’émigrants russes, né au Chili et installé en France depuis quelques années, Alexandro Jodorowsky est tour à tour clown, acteur chorégraphe, tireur de tarots, cinéaste, romancier et metteur en scène,...

En 1953, il quitte le Chili, qu’avec son théâtre de marionnettes il a auparavant parcouru en tous sens, contre l’avis de son père qui l’aurait préféré médecin. Destination Paris, où il commence par forcer la porte du Mime Marceau. Il lui écrit quelques-unes de ses plus célèbres pantomimes. Cinq ans plus tard, il abandonne pourtant la troupe, devient peintre en bâtiment, fréquente les surréalistes et fait la connaissance de Maurice Chevalier, qui l’engage pour dépoussiérer son spectacle.

En 1962, avec Roland Topor et Fernando Arrabal, il créé le groupe Panique, pied de nez insolent et rigolard à l’intransigeance du mouvement surréaliste. L’histoire en retiendra quelques happening inénarrables, où se côtoient humour, performances sportives et pornographie

En 1965, Jodorowsky s’embarque pour le Mexique, dans les bagages du Mime Marceau, qui lui a demandé de rempiler le temps d’une tournée sud-américaine. Il y reste dix ans. Le temps de créer le Théâtre d’avant-garde de Mexico, d’adapter au cinéma une pièce de Fernando Arrabal, Fando et Lys, puis de tourner ses deux films les plus célèbres, El Topo et La Montagne Sacrée. C’est également au Mexique que Jodorowsky touche pour la première fois à la bande dessinée. Pour le dessinateur Manuel Moro, il imagine le personnage L’étranger.

Il se lance réellement dans la bande dessinée avec la création de John Difool pour Moebius dans Métal Hurlant en 1980.

Il poursuit parallèlement son oeuvre d’écrivain avec deux livres, Les Araignées sans Mémoire et Le Paradis des Perroquets (prix de l’Humour Noir en 1985).

Depuis, les séries se succèdent : Alef Thau avec Arno à partir de 1983, Le Dieu Jaloux avec Cadelo (1983), Le Lama Blanc avec Georges Besse depuis 1988, Ical pour Zoran Janjetov en 1988 et Face de Lune - le dompteur de vagues avec Boucq en 1991.

Mais "Jodo", c’est aussi le tenancier du Cabaret mystique, fabuleux "one man show" hebdomadaire au cours duquel, devant un parterre d’inconditionnels, celui qui se surnomme lui-même le Raymond Devos du mysticisme tire le tarot, raconte des blagues métaphysiques et commente les arbres généalogiques.

En 1996, Jodorowsky fait son entrée chez Dargaud avec le premier volume d’un thriller endiablé, "Aliot, fils des ténèbres".

En janvier 1997, La pierre de faîte, le deuxième tome de Face de Lune, paraît chez Casterman, en collaboration avec François Boucq. Toujours avec ce dernier, il réalise Bouncer, un western en deux tomes aux Humanoïdes Associés dont le premier album "Un diamant pour l’au-delà" parait en juin 2001.

Résumé de l’Incal :

John Difool est un minable détective de la grande métropole. Au cours d’une ridicule enquête, un incident va bouleverser sa vie. Un monstre lui confie l’Incal, objet insignifiant responsable du sort de l’univers. C’est le début d’une épopée de légende confiée au plus médiocre des individus. John Difool va, contre sa volonté et grommelant, parcourir les terres et les planètes pour protéger l’Incal. Il va croiser des peuples, s’accompagner d’apôtres du futur qui serviront son dessein. Il deviendra guide spirituel, et père haï d’une nouvelle civilisation. Pour comprendre au final l’absurdité des histoires, des mondes et des destins, qui ne sont que cycles infinis en dépit des haines éternelles et des leçons du passé. Un recommencement. Une fatalité.

L’Incal compose la réinvention d’un monde la plus complète qui soit. Jodorowsky et Moebius se sont pris au jeu de reprendre les caractères significatifs d’une société, pour les déplacer dans un univers futuriste baroque. On voit donc apparaître un nouveau langage. L’espace social est réorganisé, tant sur le plan idéologique qu’architectural : les plus pauvres habitent près du sol, quand les nantis et la noblesse s’encanaillent aux derniers étages d’une Babel du futur, voire sous les nuages, pour le Roi. Les modèles politiques ou les divisions institutionnelles transposent les schémas monarchiques absolus, avec leur lot d’indépendantistes, de révolutionnaires ou d’anarchistes. Il serait long d’énumérer le nombre d’inventions qui, des fonctions aux monnaies, sont pléthore. Mais la saga de John Difool contée par L’Incal, qui rendra un magistral hommage final à l’existentialisme kubrickien, affiche une vocation autrement plus ambitieuse : créer le premier récit mythologique cynique de la bande dessinée.

Note sur l’Incal Noir : l’Incal est d’une richesse symbolique assez impressionante. Jodorowsky y propose une lecture à tiroirs, où rien n’est laissé au hasard. Toute l’histoire est une allégorie de la Tradition hermétique ou alchimique et puise sa source dans la symbolique du Tarot. D’ailleurs Moebius a complètement joué le jeu... avez vous remarqué comment le dessin de John Difool (Difool = le Fou, l’arcane 0 du Tarot) varie au long de la BD ? Comment de caricatural et grossier, il devient de plus en plus archétypal ...



Posté le 27 janvier 2009