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Mowgli : l’enfant de la veuve

Article en consultation Libre !

La carrière maçonnique de Rudyard Kipling fut relativement courte mais pour autant il traduisit dans son oeuvre majeure "Le livre de la jungle" l’essentiel des idées acquises à la lumière de son initaition (voir notre article Kipling Franc-maçon ). Le héros Mowgli reste donc une cléf à décrypter.

C’est à la lecture du Livre de la jungle que Baden-Powell eut l’idée de susciter auprès des plus jeunes une formation de type para-miltaire mais avec un contenu initiatico-symbolique (A l’école de la vie, titre de son autobiographie). De la naquirent les idées à la fois simples et géniales qu’il mit en pratique lors de la création de son mouvement. Il faut également en comprendre le contexte à la fois historique, idéologique et social, et les influences qui marquèrent le fondateur : très proche de sa mère, amie de John Ruskin et influencée par les idées des christian-socialists, Baden Powell fut un grand admirateur de Jules Verne, de Conan Doyle (Sherlock Holmes) et de Rudyard Kipling dont il utilisa ensuite les romans (Kim et le très célèbre Livre de la jungle) ; il manifesta très tôt son intérêt pour les défis rencontrés par la jeunesse de son temps à une période marquée par des expériences pédagogiques nouvelles. Ainsi, Baden Powell puise dans Le Livre de la Jungle les thèmes majeurs du scoutisme : la vie de camp en plein air, ou l’art de suivre une piste. Beaucoup l’ignorent, ce mouvement qui rassemble des millions de jeunes gens a été fondé par un homme qui aimait également les garçons et avait une conception très spéciale de la fraternité. Il n’a jamais eu d’aventures féminines, même s’il s’est marié sur le tard pour faire taire les rumeurs qui circulaient sur son compte.

Mowgli, enfant de la veuve. Mowgli présente quelques particularités qui le rapproche notamment d’en autre héros britannique Peter Pan. L’un et l’autre feront leur éducation hors de l’univers des humains. Pour Mowgli ce seront les loups (dans une relation dialectiue inverse cette fois : les hommes sont des loups mais ici ce sont les loups qui assurent l’humanité) suivi par les autres animaux qui assureront dans un processus graduel la formation du petit homme : Akela, Bagheera, Baloo, Kaa, Rama...

Chaque animal est un symbole ou "Totem" selon le scoutisme, c’est-à-dire ue chaque animal va incarner une vertu, un idéal à imiter pour devenir un homme.

Ainsi nous obtenons :

- Akela : Loup, dit " Le Solitaire ", c’est le chef du Clan des loups de Seeonee. Il a présidé, en tant que chef de la meute, à l’adoption de Mowgli dans le Clan.

Symbolisme : Le Leadership

- Bagheera : Panthère noire, c’est la spécialiste de la chasse, c’est elle qui enseigne à Mowgli la chasse. Elle a acheté le droit de parole de Mowgli au rocher du conseil avec un taureau.

Symbolisme : Courage, souplesse.

- Baloo : Ours brun, dit le " Docteur de la Loi ", c’est lui qui enseigne les lois et les coutumes de la Jungle à Mowgli.

Symbolisme : Sagesse, justice.

- Bandar-Logs : Singes, ce sont des batailleurs, des vantards et des irréfléchis. Ils n’ont ni lois ni chef. Ils s’amusent au lieu de travailler. Ils habitent les Grottes Froides et sont terrifiés par Kaa. Ils ont enlevé Mowgli.

Symbolisme : Indiscipline, folie mais aussi sens de l’imaginaire.

- Kaa : Serpent (python), c’est un animal a sang froid donc très différent et méconnu. C’est avec lui que Baloo et Bagheera délivrent Mowgli, prisonnier aux " Grottes Froides "

Symbolisme : Habileté à grimper, expérience, etc ...

- Raksha : c’est la louve qui a protégé et nourri Mowgli. Elle l’a défendu contre Shere-Khan qui le réclamait. Elle symbolsie la mère Veuve.

Symbolisme : Ténacité.

Dans la jungle il ya des règles à respecter : c’est la "Loi" de la jungle qui est enseignée au petit homme par Baloo.

L’enseignement de la Loi et des maitres-mots :

Baloo raconte à Bagheera :

" Aujourd’hui il ne voulait plus apprendre, il était distrait et énervé ; je lui ai donné un coup de patte et il s’en est allé bouder. Un Petit d’homme est un Petit d’homme et il doit apprendre toutes les Lois de la Jungle, il y va de sa survie ".

Bagheera : " Oui mais pense un peu, il est tout petit, comment sa petite tête peut-elle se rappeler toutes les lois ".

Baloo : " Y’a-t-il quelque chose de trop petit pour être tué dans la Jungle ? Non, c’est pourquoi je jui enseigne toutes ces lois et c’est pourquoi je le corrige ".

Bagheera : " Oui mais, vas-y doucement vieux pied de fer, tu t’y connais en douceur. Elle lui a meurtri le visage ta douceur, aujourd’hui ".

Baloo : " J’aime mieux le voir meurtri de la tête aux pieds par moi que par l’ignorance ".

Bagheera : " Prends garde de ne pas tuer mon petit. Ce n’est pas un tronc d’arbre ". Bagheera s’étira, fis ses griffes sur l’arbre et dit " J’aimerais connaître ces maîtres-mots ".

Baloo regarda tout au haut d’un des arbres et cria " Viens petit frère, descents, Bagheera veut te parler ".

Mowgli dit " J’ai mal à la tête ", et il se laissa glisser doucement sur le bord de l’arbre " Je viens pour Bagheera et non pour toi Baloo ".

Baloo : " Ça ne me dérange pas du tout. Répètes les ma^tres mots à Bagheera.

Mowgli : " Les maîtres mots de qui ? De quelle Jungle ? "

Bagheera : " Le maître mot du peuple chasseur ? "

Mowgli (intantanément) : " Nous sommes du même sang, toi et moi. "

De la loge au camp : Baden-Powell à la lumière de Kipling.

C’est la lecture du livre de la jungle qui inspira à Baden-Powell ce mouvement qu’il nommera ensuite "scoutisme" : à la fois une démarche spirituelle, initiatique (à base de jeux de pistes, d’épreuves, de serment) et essentiellemnt fraternelle, une véritable éducation à la fraternité concrète et non "spéculative"...

Qui ne connaît pas Baden-Powell ? - BiPi pour les intimes, c’est-à-dire la très grande famille du scoutisme, créateur d’un mouvement à vocation universelle qui connaîtra rapidement un succès immense et influencera des millions d’individus de tous les pays.

Orphelin de père, ayant connu une enfance assez rude et des débuts plutôt difficiles comme officier subalterne en Inde, ce jeune homme plein de talents et à l’humour facétieux est devenu ensuite un véritable mythe lorsque, jeune colonel de l’armée britannique, il organisa avec succès la résistance de la ville de Mafeking (Afrique du Sud) pendant la guerre des Boers (1899-1902) ; cet épisode lui donna l’occasion de mettre en pratique ses théories sur la création de jeunes éclaireurs militaires chargés notamment de missions d’observation et de transmission (les fameux scouts dans l’acception originale de ce terme). Général en pré-retraite à 50 ans, BP consacrera le reste de sa longue existence (il se retirera du scoutisme à l’âge de 80 ans) à la création et à la direction du mouvement scout, ceci à travers l’élaboration d’une pédagogie nouvelle adaptée aux différentes classes d’âges de la jeunesse, expliquée dans un grand nombre de livres (une soixantaine) et présentée lors de très nombreux voyages à travers le monde.

Le succès de son entreprise tient en quelques idées simples et cependant géniales (ce fut le cas aussi pour cet autre fondateur de fraternité : Pierre de Coubertin) qu’il mit en pratique lors de la création de son mouvement. Il convient également d’en rappeler le contexte à la fois historique, idéologique et social, et les influences qui marquèrent le fondateur : très proche de sa mère, amie de John Ruskin et influencée par les idées des christian-socialists, BP fut un grand admirateur de Jules Verne, de Conan Doyle (Sherlock Holmes) et de Rudyard Kipling dont il utilisa ensuite les romans (Kim et le très célèbre Livre de la jungle) ; il manifesta très tôt son intérêt pour les défis rencontrés par la jeunesse de son temps à une période marquée par des expériences pédagogiques nouvelles.

Les dérives furent à la hauteur d’un aussi vaste projet, c’est-à-dire redoutable par les diverses tentatives de récupération. Ces dérives concernent les liens entre le scoutisme et l’armée, notamment dans le contexte des années précédant la Première Guerre mondiale, puis les critiques liées au défaut de clairvoyance des leaders du mouvement face à la perversion du scoutisme dans les Etats totalitaires au cours des années trente, notamment en Italie. Ce ne fut ainsi que tardivement que le mouvement renonça à la svastika, emblème d’origine indienne intégré à la symbolique scoute avant de devenir le symbole du parti nazi, et se démarqua des mouvements de jeunesse étatiques visant à contrôler l’individu et à lui insuffler une idéologie.

Aujourd’hui il convient avant tout, dans un monde matérialiste et individuliste, de rappeler l’idéal de fraternité entre tous les jeunes du monde, loin de tout nationalisme, qui prévalut et prévaut toujours dans le scoutisme.

En résumé, le scoutisme n’aurait certainement pas vu le jour sous cette forme sans la conjonction de ces deux personnages de l’empire britannique : Rudyard Kipling et Baden-Powell qui eurent au cours de leur existence l’occasion de se rencontrer à plusieurs reprises et d’échanger leurs points de vue. Le scoutisme, toute réflexion faite et bien pesée aura été aussi l’aboutissement d’une éducation, celle d’Emile, vue par Jean-Jacques Rousseau à parti de ce schéma qui est toujours d’actualité :

Le « louvetisme », qui, partant d’une connaissance directe de l’enfant, et regardant la vie avec ses yeux, lui présente, dans le cadre imagé du Livre de la jungle, un ensemble cohérent de jeux et d’activités où il peut s’épanouir et s’améliorer au sein d’une famille heureuse. Les principaux éléments étant :

- Le symbolisme du Livre de la jungle
- L’obéissance active
- La nature
- Le camp

On peut y ajouter les principes qui sont à l’origine de toute organisation initiatique :

- connaissance par la méthode symbolique
- engagement solennel par serment devant ses pairs
- ideal altruiste
- perfectionnement de l’homme (du petit au grand)

Baden-Powell meurt le 8 janvier 1941 au Kenya où il est enterré. Sur sa tombe est gravé un signe de piste (symbole), le signe « fin de piste, retour au camp » et qui peut être interprété par « Je suis rentré chez moi ». On peut y voir aussi le cercle fermé tracé par le compas du Maitre qui est revenu à sa place, soit au centre. Lady Baden-Powell continua son rôle de lien entre les éclaireuses du monde entier. Elle est décédée le 25 juin 1977 en Angleterre.

Le fameux poème "Si.. ;" est devenu l’hymne du scoutisme, il est parfois donné aux nouveaux apprentis récemment initiés en loge. Les deux hommes ont reçu les plus hautes distinctions, prix Nobel Pour Rudyard Kipling et simple nomination au prix pour Baden-Powell en 1939 au titre de la fraternité des nations.. Il est vrai que l’époque ne s’y prétait guère ! La suite à venir prochainement : Baden-Powell et Rudyard Kipling : l’invention d’une fraternité, analyse et interprétation



Posté le 17 juillet 2008