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Les NDE : une enquête toujours ouverte


Article en consultation Libre !

Les cinq stades des NDE

Selon une étude menée par le psychologue Kenneth Ring dans les années 1970, les expériences de mort imminente comportent cinq stades :

- 1. Le flottement : 50 % des survivants ont au moins connu le premier stade et se souviennent avoir flotté dans un espace étrange, en apesanteur, avec un sentiment de calme et de bien-être.

- 2. La décorporation : 37 % arrivent à ce stade : apercevant soudain leur corps à quelques mètres d’eux, ils contemplent médecins et infirmiers.

- 3. Le tunnel : 23 % parviennent au stade du tunnel et se rappellent avoir été aspirés par un vide « dont l’obscurité devenait de plus en plus intense ».

- 4. La lumière : 16 % ont ensuite franchi ce stade, aperçu une lumière énorme, blanche et dorée, impossible à décrire. Il en aurait émané un « rayonnement d’amour ».

- 5. L’amour : 10 % des« experienceurs » seulement disent enfin avoir pénétré cette lumière. Ils évoquent alors un amour inconditionnel ou total.

Témoignages

Un scénario classique : une femme va accoucher

Sauf que l’accouchement vire au cauchemar : à la suite d’une hémorragie interne, Sylviane Wrazen fait un arrêt cardiaque. « C’est alors qu’a eu lieu le dédoublement, se souvient-elle. Sans souffrir le moins du monde, je me suis sentie sortir de mon corps, et me suis retrouvée au plafond, assistant à ma réanimation. » Première étape. Mais très vite, cette auxiliaire de vie se sent transportée dans un autre lieu : « J’ai été projetée dans un tunnel entouré de lumière au sein duquel j’avançais sans peur, flottant dans une espèce d’apesanteur. J’étais irrésistiblement attirée par une lumière orange et jaune, beaucoup plus grosse que le soleil. On aurait dit un être de lumière. » Sensation magique proche de l’indicible, de sérénité, d’« amour absolu ».

Pour la jeune maman, le retour à la vie sera extrêmement brutal : « Je ne voulais pas revenir. J’étais si bien. Mais la lumière m’a projetée en arrière et j’ai réintégré mon corps. » Un réveil d’autant plus brutal que ce voyage, elle n’osera en parler à personne sinon à des proches tentés de la ramener à la « raison ».

Le « carnet d’ethnologue » de Moody

La raison comme rempart à l’ineffable, à l’inexplicable et donc à l’inaudible. Combien ont vécu ces expériences ? Les estimations sont aussi vagues qu’invérifiables mais on parle de près de 15 millions aux Etats-Unis. « Plus sérieusement, postule Patrice Van Eersel en prophète de la cause, la dernière étude clinique, réalisée par le cardiologue Pim Van Lommel et publiée dans la revue médicale The Lancet, montre que sur un panel de 282 survivants à un arrêt cardiaque, 18 % ont connu une expérience de mort imminente » (EMI, plus connues sous leur nom anglais de Near death experiences, ND E). Ce qui n’est pas rien...

Pionnier en la matière, le docteur Raymond Moody est l’auteur du premier ouvrage sur la question, La vie après la vie (Robert Laffont,1977), sorte de « carnet d’ethnologue » vendu à vingt millions d’exemplaires. Ce que rapporte ce philosophe reconverti en psychiatre pétri d’idéalisme ? Les 150 premiers récits de comas ou de morts cliniques ayant entraîné des visions, inconnues du commun des mortels. Autant de récits qui rivalisent de splendeur. Fait captivant, selon Moody, les « experienceurs », s’ils ont bien du mal à communiquer en mots leurs visions, racontent tous, plus ou moins, le même cheminement, étape par étape : le mourant s’entend déclarer mort. Une sensation de paix et de calme l’envahit, un bruit lui vient de l’intérieur, pas toujours agréable. Il se sent alors sortir de son corps, se voit de l’extérieur, flotte avec une vue télescopique à 360 degrés, a l’impression de pouvoir se déplacer à une vitesse infinie. Il est ensuite aspiré par un tunnel où d’autres êtres apparaissent parfois et le guident. Au fond, une lumière brille, plus puissante que tout ce que l’esprit humain peut concevoir, répandant de l’amour avec une intensité incommensurable. Sa vie remonte à sa conscience dans les moindres détails. Mais quelque chose le stoppe dans sa progression. C’est l’heure du retour. A la lourdeur, à la limitation, à la souffrance. Avec une belle certitude : il n’est plus question pour les visionnaires rescapés d’avoir peur de la mort.

La critique rationaliste.

Dès le début des années 1970, en marge des travaux de Raymond Moody, des indices de plus en plus précis avaient mis des chercheurs américains sur la piste des expériences de mort imminente. « Grâce àl’amélioration extraordinaire des techniques de réanimation, la population des survivants à une mort clinique et donc capable de témoigner, s’est alors brutalement accrue. Mais il était particulièrement difficile d’en parler à l’époque », constate le médecin britannique Sam Parnia.

A l’ époque ?... Plus de trente ans après ces premiers témoignages, la situation n’a guère évolué. Bien qu’il ait été analysé, disséqué par des chercheurs (souvent isolés) du monde entier, le phénomène relève toujours de l’immense point d’interrogation. Et demeure relégué au rang de supercherie par une majorité de scientifiques voulant protéger la raison contre le flot noir de l’irrationnel. Ces scientifiques, avec le prix Nobel Georges Charpak comme porte-drapeau, rejettent a priori l’idée même d’une approche rationnelle des phénomènes dits paranormaux.

Et de s’armer d’un bouclier de théories censé réduire ces récits à une vaste hallucination. Un délire provoqué, selon certains, par l’arrêt des fonctions vitales et notamment de la respiration, à même d’entraîner des visions. Autant de visions qui seraient, pour d’autres, le fruit d’une sécrétion massive de molécules endorphines par le cerveau, au moment de la mon. Ces substances voisines de la morphine, produites naturellement par le cerveau en période de stress et qui masquent la douleur immédiate, seraient responsables de la sérénité décrite dans les témoignages. Les NDE pourraient enfin, pour les plus sceptiques, relever d’un phénomène pathologique de dépersonnalisation, proche de la schizophrénie. En somme : être le produit du mécanisme de défense de l’esprit humain contre la peur de mourir.

Que les expériences dites transcendantales, toujours inexpliquées, attisent la méfiance de nos esprits cartésiens, soit. Que ces réflexes freinent la recherche. scientifique, guère étonnant. Mais que l’on « s’obstine à nier l’évidence des faits », voilà qui agace au plus haut point tous ceux qui se sont sérieusement penchés sur le processus. « Trop de témoignages concordent pour ne pas s’intéresser plus en profondeur à la phase de décorporation d’autant que nous en avons les moyens », s’irrite la chercheuse en biologie moléculaire, Sylvie Déthiollaz, dans ses modestes bureaux installés rive gauche du lac Léman à Genève. Et de revenir sur l’histoire littéralement stupéfiante de cette Américaine, Pam Reynolds, ayant subi une opération durant laquelle les chirurgiens ont dû vider le sang de son cerveau et conserver ce dernier à une température de 15 °C. « Toutes les réactions chimiques propres au système cérébral étaient impossibles. Cependant, la patiente rapporte, à son réveil une NDE comportant la description extrêmement détaillée de sa propre opération, explique la chercheuse.

Grâce à l’enregistrement de l’opération, on a pu constater que ses dires se rapprochent d’une manière étonnante de ce qui s’est vraiment passé. Dans la même veine, les troublants récits d’aveugles et d’enfants m’ont stupéfiée », poursuit-elle.

Le néant, le vide, voire l’enfer

Nommées dès 1977 par Michael Sabom « EMI autoscopiques », ces dernières ont en effet de quoi faire vaciller les certitudes des plus fervents défenseurs du matérialisme. Car enfin, qu’un rescapé prétende être sorti de son corps et se montre capable de raconter ce qui se passait autour de lui, alors même qùil était en réanimation, pose des questions inédites : Comment peut-on expérimenter une conscience claire hors de son corps, au moment où le cerveau ne fonctionne plus ?

La conscience est-elle vraiment dépendante de l’activité physiologique de ce dernier ? Sylvie Déthiollaz s’ingénie à y répondre depuis plus de six ans. Particulièrement attachée à préserver une objectivité que nombre de chercheurs impliqués ont, selon elle, « balayée », la jeune femme ne s’inscrit pas dans la droite ligne de Moody :

« Très vite les chercheurs perdent leur neutralité, observe-t-elle. Moi, je refuse de prendre position sur une quelconque possibilité de vie après la mort. » Au sein de l’association Noêsis, qu’elle chapeaute, elle se borne donc à analyser le phénomène dit dè décorporation (Out of body experience), à l’aide de « cobayes » triés sur le volet et capables, dans des conditions particulières de concentration, d’opérer une « sortie de corps » de façon volontaire.

Des rescapés en décallage

D’une étude clinique qu’eUe mène en lien avec les hôpitaux universitaires de Genève, la jeune femme a, par ailleurs, tiré deux observations qui battent en brèche la vision idyllique du « prédicateur » Moody. D’après la première, sur la centaine de patients qu’elle a vu défiler, nombre d’experienceurs sortent de leur NDE « bourrés de problèmes. Ils sont souvent inadaptés, dit-elle, ultra-sensibles, et se retrouvent parfois très seuls, en rupture totale avec leurs proches. Il existe donc un décalage entre leur discours de paix et damour et la réalité parfois insupportable de ce quïls endurent au quotidien. »

Suite à cette remise en question fondamentale de ses croyances et valeurs comme de sa vision du monde, un gros travail personnel, voire thérapeutique, de l’expérien¬ceur serait donc plus que souhaitable. Voilà qui éloigne déjà un peu la vision idéaliste prônée dans les années 1970. Car tout se passe comme si ces rescapés avançaient boitant de la tête et du,cœur, n’ayant bien souvent d’autre recours que de se résigner. .. à la claudication.

Deuxième observation. Nombre de témoignages s’inscrivent dans un schéma inverse à celui exposé par Raymond Moody : « Certains ont vécu des NDE négatives, disent avoir ressenti des souffrances intolérables, perçu le néant, le vide, voire l’enfer. »

Ce que dans leur jargon, les chercheurs appellent des NDE infernales ou vides de sens. Bien qu’il ait encore grand mal à en parler, quatorze ans après sa tentative de suicide, Xavier Rodier, infirmier puériculteur, en atteste : « Bien que j’aie expérimenté dans un premier temps la lumière, la paix, la béatitude et un sentiment de plénitude sans début ni fin, mon voyage ne s’est pa arrêté là. Même si je lai longtemp caché, jai vu l’horreur et la souffranc à l’état pur. Il y avait de l’eau, de l’eau de l’eau partout, il faisait très sombre, j’entendais des cris, des hurlement. Cela ma traumatisé ».

Au point de perdre plus de 18 kg durant neuf mois qui ont suivi sa « résurrection » et d’opérer un complet changement de vie.

Trente ans après la découverte d’EMI, l’étude scientifique du phénomène n’en est qu’à ses balbutiements. Face à cette intérrogation sur la survie de l’âme, les philosophes, d’ordinaire versés sur la question du Salut, prennent soin de ne pas prendre part au débat. L’Église, quant à elle, a tranché. « Rien n’empêche de chercher en sachant que l’on ne prouvera pas dans ce monde ce qui est au-delà de ce monde, postule le prêtre Thierry David qui donne cette conclusion toute provisoire.

« Même si, comme tous ces rescapés, j’ai l’intime conviction d’un au-delà, j’as¬sume l’incarnation. Je m’engage donc totalement dans l’ici et maintenant. »

Source : Jennifer Schwarz

Posté le 17 mai 2008