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Géopolitique et ésotérisme : si l’aigle à deux têtes est l’emblème de la nouvelle Fédération de Russie ce n’est pas par hasard, car Moscou revendique la place éminente de "troisième Rome" héritière de l’héritage byzantin détruit en grande partie par les croisés lors du sac de Constantinople ; ce qui favorisat indirectement la monté de l’empire ottoman en europe. Au carrefour de plusieurs civilisations, la Géorgie (Tbilissi) de son côté à vu naitre et croître bien des communautés initiatiques qui ont su préserver les traditions musulmanes, scythes, chrétiennes orthodoxes, esseniennes et même orientales. Gurdjieff y puisa les racines de son enseignement dans cette source complexe qui peut aussi prendre le nom de Tradition Primordiale. Un autre homme, René Guénon fera lui aussi ce voyage jusqu’aux rives du Nil à la recherche des mêmes racines.

L’enseignement de Gurjieff et la quatrième voie.

L’enseignement de Gurdjieff est complexe. Il comporte une cosmologie, une cosmogonie et une anthropologie. Il débouche sur une praxis qui est parfois déroutante.

L’origine des idées de Gurdjieff : J. G. Bennett s’est interrogé, dans "L’Énigme Gurdjieff", sur l’origine des idées de son maître :

« Autre énigme relative à Gurdjieff : les sources de son enseignement et de ses méthodes. Il ne révéla jamais ouvertement d’où lui venaient ses connaissances. Tous ceux qui prennent la peine d’examiner de près son enseignement et ses méthodes peuvent en assigner presque tous les fragments à quelque tradition connue. On peut dire que tel ou tel thème provient de la tradition orthodoxe, tel autre de la tradition assyrienne ou babylonienne, et tel autre encore est visiblement apparenté à l’Islam et relié au soufisme, et même avec tel ordre soufi en particulier. D’autres éléments pourraient provenir de telle ou telle lignée bouddhiste. Il y a aussi de bonnes raisons de croire qu’il afait des emprunts à ce qu’on appelle la tradition ésotérique occidentale, platonicienne et rosicrucienne. Mais lorsqu’on examine les choses d’encore plus près, on y découvre une saveur qui n’est imputable à aucune tradition connue. Si Gurdjieffn’avait été qu’un syncrétiste, un réformateur ayant rassemblé des fragments de plusieurs traditions secrètes découvertes au détour de sa propre recherche, alors son rôle serait d’un certain type. Mais si, en revanche, il y a en lui quelque chose de tout àfait original, qui ne peut être rapporté à aucune tradition passée connue ou secrète, alors sa place est toute autre. Et c’est là que se situe la deuxième énigme : laquelle de ces deux places occupe-t-il ? N’était-il qu’un homme intelligent ayant pu voyager en poursuivant des recherches approfondies, découvrir beaucoup de choses, lire énormément, accéder à des sources en langues diverses, et à partir de tout ce matériel réuni, avait-il réussi à construire quelque chose ? Ou était-il un homme qui, outre ces antécédents indubitables, avait une perception personnelle et directe des êtres et du monde, une perception essentielle et pourtant non imputable à une source antérieure ? Cette deuxième perspective ferait de lui un homme d’une valeur toute particulière. »

Écrivant ceci, Bennett a posé clairement la problématique d’un débat de fond qui a beaucoup agité le petit monde des gurdjieffiens. Ceux-ci se sont, en effet, longuement interrogés sur l’origine des idées du maître, sur l’existence réelle de la Fraternité des Sarmoungs , sur sa survivance, etc. James Webb a consacré quarante pages à ce problème dans son ouvrage The Harmonious Cirele, John Godolphin Bennet lui a dédié un livre entier, Boris Mouravieff et Piotr Ouspensky y ont fait référence de manière approfondie et tous ont proposé des solutions divergentes... La raison de tout cela pouvant être la pure curiosité intellectuelle, le souci de mieux comprendre le Travail, le désir d’entrer soi-même en contact avec les maîtres secrets et la fraternité cachée ou celui de se renforcer en termes de pouvoir, en se posant comme l’interlocuteur de la « seule vraie » source !

Pour résoudre cette énigme des origines on peut procéder par classification et les ranger en deux catégories : celles qui sont possibles, voire probables, et qui voient l’origine de la pensée gurdjieffienne dans le christianisme orthodoxe ou dans l’occultisme occidental (en ajoutant que cette pensée peut fort bien être un composé des deux) ; et celles qui reposent sur de simples coïncidences (voire sur des mystifications), c’est-à-dire celles qui affirment que Gurdjieff tirait l’essentiel, ou une partie, de ses idées du bouddhisme ésotérique ou du soufisme.

Michel de Salzmann a résumé sa pensée en une seule phrase : « Sa source, c’était la Tradition primordiale. » Cette réponse était sans doute la meilleure que l’on pouvait faire puisqu’elle donnait raison à tous sans abonder dans le sens d’aucun.

L’enseignement par les symboles et diagrammes

Gurdjieff enseignait aussi grâce à l’utilisation de symboles. Dans Fragments d’un enseignement inconnu, il nous définit lui-même l’intérêt de ceux-ci pour l’enseignement : « La vraie compréhension des symboles ne peut pas prêter à discussion. Elle approfondit la connaissance, et elle ne peut pas rester théorique, parce qu’elle intensifie les efforts en vue de résultats réels, en vue de l’union du savoir et de l’être, c’est-à-dire en vue du Grand Faire. La connaissance pure ne peut pas être transmise ; mais si elle est exprimée par des symboles, elle se trouve recouverte comme d’un voile qui, pour ceux qui désirent la voir et savent comment regarder, devient transparent. »

Parmi ces symboles, le plus connu est l’ennéagramme. Son nom vient du grec ennea qui signifie « neuf » et gramma dont le sens est « figure ». C’est, nous dit Gurdjieff : « Le symbole qui prend la forme d’un cercle divisé en neuf par des points, reliés entre eux dans un certain ordre par neuf lignes, exprime la loi de sept dans son union à la loi de trois. »

C’est aussi et surtout le symbole universel. Gurjieff affirmait :

« Chaque tout intégral, chaque cosmos, chaque organisme, chaque plante est un ennéagramme. D’une manière tout à fait générale, il faut comprendre que l’ennéagramme est un symbole universel. Toute science a sa place dans l’ennéagramme, et peut être interprétée grâce à lui. Et, sous ce rapport, il est possible de dire qu’un homme ne connaît vraiment, c’est-à-dire ne comprend, que ce qu’il est capable de situer dans l’ennéagramme. Ce qu’il ne peut situer dans l’ennéagramme, il ne le comprend pas. Pour l’homme qui sait l’utiliser, l’ennéagramme rend livres et bibliothèques entièrement inutiles. Il n’est rien qui ne puisse entrer dans l’ennéagramme et y être déchiffré. Un homme isolé dans le désert tracerait-il l’ennéagramme sur le sable, il y pourrait y lire les lois éternelles de l’univers. Et il y apprendrait chaque fois quelque chose de nouveau, quelque chose dont il ignorait tout jusqu’alors. Que deux hommes ayant étudié dans des écoles différentes se rencontrent et tracent l’ennéagramme, avec son aide, ils seront capables de voir immédiatement celui qui en sait le plus, celui qui est le plus avancé ; en d’autres termes, lequel est l’aîné, le maître, et lequel est l’élève. L’ennéagramme est le hiéroglyphe fondamental d’un langage universel, qui a autant de sens différents qu’il y a de niveaux d’hommes. »

L’Énnéagramme dans sa représentation, la plus simple, telle qu’elle nous est parvenue, se perd dans un passé lointain. Pour des raisons probablement de types initiatiques, rituelles οu religieuses, il apparaît et disparaît suivant les époques.

Toujours jalousement gardé, voire même carrément occulté dans sa construction et ses développements, on retrouve sa trace discrète au sein de diverses mystiques, comme le soufisme, le judaïsme, mais aussi probablement dans de nombreuses sociétés initiatiques qui nous sont aujourd’hui inconnues. Les origines les plus diverses lui sont attribuées, mais pour nous, ce symbole comme tout symbole schème, n’appartient pas à un groupe ou une école particulière, il est universel.

C’est donc sous l’impulsion de G.I. Gurdjieff que le schème Énnéagramme connaîtra une faveur particulière au sein de son institut et l’on peut affirmer, que c’est par ses activités et son enseignement, qu’il en révélera l’image au plus grand nombre. Gurdjieff aurait reçu communication de ce symbole au cours d’un de ses voyages, par l’intermédiaire d’une société initiatique, héritière d’une ancienne confrérie Soufi.

A Constantinople, en 1920-21, Boris Mouravieff assiste aux conférences publiques données par Piotr Demianovich Ouspensky. C’est là que ce dernier met Boris Mouravieff en rapport avec Georges Ivanovitch Gurdjieff, avec lequel il aura par la suite plusieurs contacts, à Fontainebleau et à Paris.

Pendant de nombreuses années, Boris Mouravieff et P. D. Ouspensky, liés par une amitié fondée sur un même esprit de recherche, seront amenés à approfondir et à confronter leurs travaux à l’occasion de leurs rencontres à Paris ou à Londres. Ils se rencontreront pour la dernière fois au château de Lyne près de Londres en mai 1937. Durant cette période, il entreprend un travail de formalisation de la tradition ésotérique orientale, envisageant initialement une présentation de cette doctrine sous forme romanesque. En avril 1955, Boris Mouravieff devient privat-docent à l’Université de Genève où il donne deux cours jusqu’en 1962, l’un concernant l’histoire de la Russie avant 1917 et l’autre la philosophie ésotérique. Ce dernier cours s’intitulera précisément : « Introduction à la philosophie ésotérique d’après la tradition ésotérique de l’Orthodoxie orientale ». Il réunira régulièrement entre dix et trente élèves. Voir le livre ici